Le FinOps : une solution pour réduire sa facture Cloud ?

Article écrit par Benoît Lau (AC) & Raphaël Aurigny (AC), membres de la BCOM Performance Financière chez Beijaflore Digital.

 

À l’heure où les DSI se tournent de plus en plus vers le Cloud pour gérer leurs infrastructures, de nouvelles problématiques apparaissent.

Les Cloud Providers (AWS, Google, OVH…) ont des règles de facturation spécifiques et des tarifs, du fait de la diversité des services qu’ils peuvent proposer, qui leur sont propres mais qui sont emmenés à évoluer au fil du temps.

La croissance du marché des services de cloud public est estimée à 16,6% entre 2017 et 2022 pour atteindre 360 milliards de dollars, expliquant l’intérêt grandissant des DSI pour le FinOps afin de réduire leur facture Cloud 1. Certains considèrent le FinOps comme simple procédé de suivi comptable, mais en réalité c’est bien plus que cela.

Toutefois, il est à noter qu’avant d’envisager de parler de FinOps, la mise en place d’une architecture adaptée au service Cloud est nécessaire. En effet, les indicateurs utilisés par le FinOps peuvent s’avérer inutile si l’architecture IT est obsolète.

 

Le FinOps c’est quoi ?

Le FinOps est un modèle d’exploitation du Cloud ayant pour but premier de faciliter la compréhension des coûts générés par le cloud. Cette démarche va permettre de :

  • Optimiser sa facture Cloud.
  • Réduire sa facture Cloud.
  • Faciliter les prises de décision qui impliquent l’opérationnel et la finance.

En pratique, cela se traduit par la mise en place d’indicateurs de performance qui permettront d’établir une ventilation des coûts par service, Business Unit et environnement.

Ces indicateurs donnent également un diagnostic de la consommation de l’entreprise, qui servira à initier la mise en place de solutions techniques prenant en compte à la fois les impératifs fonctionnels et business de l’entreprise.

La réussite de ce modèle dépend davantage de la compréhension des besoins opérationnels et des outils du Cloud que de l’application stricte des mesures définies.

La mise en place du FinOps en entreprise est un processus itératif, continu et complexe qui s’articule autour de 3 phases :

 

S’informer

Il s’agit de la première phase, elle se découpe en 5 parties :

  • Visibilité

La facturation des outils des Cloud Providers est amenée à évoluer régulièrement. En effet, ces derniers proposent des prix et des remises personnalisées en raison de la nature du Cloud qui permet d’obtenir des ressources sur demande et adaptés au besoin. Il est donc nécessaire d’avoir une visibilité précise et opportune sur les différentes évolutions des services et des tarifs pour connaître ses dépenses et les optimiser.

  • Allocation

L’allocation des ressources et leur supervision, via un système de découpage par services par exemple, permet d’avoir une vision proche des besoins opérationnels. Cela permet également de donner de la visibilité aux équipes métiers et financières, leur permettant ainsi de voir l’impact sur le budget et de mieux anticiper les dépenses.

  • Analyse comparative

L’analyse comparative entre les différentes équipes et services permet de mettre en place les indicateurs adéquats et de développer l’organisation pour qu’elle soit la plus performante possible.

  • Mise en place d’un budget
  • Prévision

 

Optimiser 

Lorsque l’organisation a suffisamment d’informations, elle peut définir des objectifs de réduction de ses coûts liés au Cloud.

Dans un premier temps, la culture FinOps permet de mieux comprendre l’utilisation des ressources Cloud au sein l’entreprise. Ensuite elle permet de réduire ses coûts en planifiant  la réservation des ressources au lieu de s’appuyer sur les ressources à la demande qui sont plus onéreuses.

Le diagnostic de la consommation Cloud de l’entreprise et l’analyse comparative permettent deux choses :

  1. Détecter les secteurs de l’infrastructure qui nécessitent un redimensionnement
  2. Identifier les ressources inutiles afin de les désactiver.

 

Fonctionner

La culture FinOps est basée sur la communication transversale au sein d’une organisation, étayée par des informations factuelles précises.

Les mesures d’optimisation chiffrées permettent d’évaluer de manière continue la progression vers les objectifs établis. Cette progression est mesurée à l’aide des indicateurs identifiés durant la phase d’information.

Cette évaluation permet de lancer des discussions avec les différents acteurs de la finance, des opérations et de la gouvernance. Ces discussions ont pour but d’intégrer les problématiques des équipes à la structure même de l’organisation

Exemple : Création d’une équipe transverse dédiée à ces problématiques (Cloud Cost Center of Excellence – CCoE).

La culture FinOps se place alors au centre de tous ces acteurs, et permet d’aligner leurs objectifs.

 

Exemple d’une structure FinOps : le CCoE

Le Cloud Cost Center of Excellence (CCoE) est une équipe fonctionnant sur le modèle FinOps. La pluridisciplinarité des profils hybrides de cette équipe favorise la communication transversale.

Cette équipe assurera le lien avec les différents interlocuteurs de l’entreprise afin de gérer les changements de l’infrastructure pour les adapter au mieux au besoin des équipes. Elle sera également chargée de négocier les tarifs auprès des Cloud Providers afin que l’entreprise puisse tirer parti de la transformation vers le Cloud.

La figure ci-dessous résume avec qui les membres de cette équipe pourront être amenés à échanger au sein de l’entreprise. Il donne également des exemples de Cloud Providers 2.

Les cadres :

Ils se concentrent sur l’efficacité des équipes et le respect des budgets.

Les cadres concernés peuvent être :

  • Un responsable de l’infrastructure,
  • Un responsable du CCoE

 

Les praticiens FinOps :

Ils pensent aux prévisions, à l’allocation et à l’estimation du budget pour les dépenses des équipes liées au Cloud.

Les praticiens FinOps peuvent être représentés par :

  • Un analyste AWS FinOps,
  • Un directeur de l’optimisation Cloud,
  • Un directeur des opérations Cloud

 

Les responsables et les équipes opérationnelles :

Ils sont axés sur la création et le support des services nécessaires au fonctionnement de l’entreprise.

Ces équipes pensent à la conception et à l’optimisation des ressources en redimensionnant leurs infrastructures ou en supprimant des ressources inutilisées.

Les responsables et les équipes opérationnelles concernés peuvent être:

  • Un responsable de l’infrastructure,
  • Un architecte Cloud,
  • Un gestionnaire des prestations de services

 

Gestionnaire de contrats et contrôleur de gestion

Ils se basent sur les rapports fournis par l’équipe FinOps pour passer en revue la comptabilité et les prévisions. Ils travaillent avec les praticiens FinOps pour comprendre les données des factures antérieures et élaborer des modèles de coûts plus précis.

Ils utilisent leurs prévisions et s’appuient sur l’expertise de l’équipe FinOps afin d’engager les négociations tarifaires avec les Cloud Providers.

 

Les bonnes pratiques FinOps pour maîtriser et optimiser ses dépenses

Afin de maîtriser et d’identifier des leviers sur ses dépenses Cloud, il convient de mettre en place des bonnes pratiques au sein de l’entreprise.

Maîtriser ses outils :

Les Cloud Providers possèdent des tarifications spécifiques et complexes, centrées sur deux variables de performance et de disponibilité des ressources. Afin de réduire ses coûts, il faut connaître l’architecture en place, les besoins des opérationnels (IaaS, Paas) et la structure de coûts.

Le FinOps implique une expertise sur les services Cloud en lien avec les besoins opérationnels.

 

Mettre en place une gouvernance spécifique au Cloud :

La mise en place de bonnes pratiques au sein de l’entreprise permet un premier pas dans la culture FinOps sans prendre de risques importants.

Dans un premier temps, la sensibilisation des équipes à la rationalisation des ressources (gestion de l’espace de stockage, récurrence et volumes des sauvegardes…) permet d’obtenir les premières réductions de factures.

La comparaison tarifaire entre les Cloud Providers en fonction des besoins opérationnels et les risques posés par une demande d’optimisation du code pour un cloud provider en particulier peut représenter un facteur d’optimisation au niveau de l’entreprise.

 

Mettre en place des indicateurs de performance :

La collecte d’informations est la première étape de la culture FinOps. On va chercher en permanence à savoir exactement comment sont réparties les dépenses pour les différents services.

Cette information est accessible à l’aide d’utilisation de marqueur des ressources utilisées et leur supervision par service, projet, business unit…

 

Dimensionner ses infrastructures en fonction de ses besoins

En 2019, 14 milliards de dollars seraient liés aux dépenses inutiles liées au Cloud. Ces dépenses peuvent être réduites de deux façons au cœur des mesures FinOps 3 :

  1. S’assurer que le dimensionnement des ressources correspond bien aux besoins opérationnels. Une ressource surdimensionnée peut coûter jusqu’à deux fois plus cher.
  2. S’assurer que toutes les ressources à disposition sont utilisées.

Par exemple, des ressources utilisées sur les environnements de développement peuvent être réattribuées pour la phase de staging (environnement de pré-production) puis lors de la mise en production.

 

Évaluer ses besoins à l’avance

Avoir de la visibilité sur ses besoins permet d’utiliser les ressources dédiées, pouvant coûter moins cher que les ressources déployées à la demande.

En effet, les ressources à la demande sont les plus onéreuses chez les Cloud Providers. A contrario, ils encouragent des remises sur les engagements liés à la réservation de ressources afin d’inciter à une planification avancée des réservations de ces ressources.

Cette partie peut être assistée par des outils de gestion des coûts sur le Cloud, qui peuvent être proposés par le Cloud Providers ou des entreprises tierces.

 

Développer des applications prévues pour le Cloud

Développer des applications serverless demande des compétences spécifiques mais a un impact non négligeable sur le coût final de l’application.

Avoir en tête les enjeux du Cloud lors du développement permet d’intégrer, par exemple, des fonctions de gestion de l’allocation des ressources.

 

Pour résumer

Le FinOps est une culture transversale qui regroupe les secteurs de la finance, des opérations et de la gouvernance et qui se base sur l’information et la maîtrise des outils du Cloud présents dans l’entreprise afin d’optimiser les coûts liés aux opérations.

Le but du FinOps est de réduire les coûts liés au Cloud et de faciliter les communications au sein des équipes opérationnelles et financières impactées par le Cloud.

Grâce à la diversité de ses profils, Beijaflore pourra accompagner ses clients dans leurs projets FinOps en intervenant dans le cadre de la conception de tableaux de bord ou encore en proposant des optimisations financières des factures Cloud.

Concilier les compétences Cloud et la gestion financière permettra également d’introduire une culture FinOps dans l’entreprise tout en assurant via cette approche un lien entre les enjeux Business et opérationnels des entreprises

Notre approche permet de faire le lien entre les enjeux Business et opérationnels des entreprises.